Débat : Le lait, ami ou ennemi ?

Mensonges et vérités


Ce matin, Chers Internautes, j'ai vu un documentaire fort intéressant dont j'ai eu envie de vous parler. Le sujet me concerne, il est bouillonnant, il mène aux combats les plus acharnés, ceux des nutritionnistes, des médecins, des industries, en passant par la personne lambda ou encore le/la vegan. Je veux bien sûr parler du lait. Alors, ami ou ennemi ? Nous verrons bien. J'ai mon idée personnelle sur la question, mais j'ai choisi de retranscrire le plus objectivement possible ce que le documentaire nous dit, sans juger. Je livrerai mon impression à la fin.
Le lait est recommandé par les plus éminents spécialistes de la santé : il est très riche en nutriments et en minéraux, et de ce fait, c'est un aliment clé pour nous autres, bêtes humaines. Cet état de fait ancré dans les esprits est depuis plusieurs années remis en question. L'on se demande si les différentes transformations que subit le lait d'aujourd'hui (homogénéisation, pasteurisation pour détruire les bactéries, etc, entre 20 et 30 étapes différentes) ne pose pas problème aux organismes, ne mène pas à des intolérances alimentaires. Pour l'institut nutritionnel Pasteur de Lille, ce n'est pas le cas. Le professeur Lecerf nous informe qu'aucun effet négatif n'est notable. Il faut savoir, nous y reviendrons plus tard, que les institutions qui encouragent la consommation de lait sont financées par l'État/et ou les industries laitières. 
Selon un fermier interrogé, la qualité du lait dépend de la santé, donc de l'alimentation et du soin donné aux vaches. Il affirme qu'avec tous les contrôles de sécurités effectués, la qualité du lait est au rendez-vous, et s'est même améliorée. L'institut Paracelsius basé en Suisse, clinique qui inclut dans ses programmes l'homéopathie, nous révèle que le lait contient de la bêta lacto protéine qui peut entraîner des allergies. Le lait a fondamentalement changé depuis 1983, ce changement est dû à sa fabrication moderne. Il a perdu énormément d'oligo- éléments, d'acides gras tels que l'oméga 3, et il contient beaucoup plus de bêta lacto protéine. Nous sommes passés d'un produit pur, riche en nutriments, à un produit quasi industriel, un lait hyper protéiné. Est-ce une bonne chose ?
Selon un autre fermier qui officie dans le bio, la production intensive de l'industrie agro- alimentaire ne peut se faire qu'au détriment des bêtes. Il est important de comprendre la vache qui fournit le lait, et de la nourrir telle qu'elle se nourrit à la base : avec de l'herbe, sans ajout d'additifs et d'antibiotiques qui sont donnés aux vaches à haut rendement. En effet, ces antibiotiques perturbent l'équilibre bactériologique du lait. Et le souci, c'est qu'avec le temps l'homme devient résistant aux antibiotiques, dont il a également besoin lorsqu'il est malade pour se soigner. Cette résistance est donc embêtante. Dans les élevages conventionnels, on donne également aux vaches des aliments énergétiques contenant du maïs, mais aussi de l'huile de palme. 
Le lait bio serait plus riche en oméga trois, car les vaches mieux nourries. Ce serait donc un lait plus sain (Note personnelle : le lait bio suit peut-être une ligne d'élevage plus respectueuse envers les animaux, mais même en bio il est rare de trouver du lait cru, c'est-à-dire non transformé, non pasteurisé. La pasteurisation détruit les bactéries, les mauvaises bactéries...Et les bonnes. Le lait bio n'est donc pas non plus le Graal des laits).
Ensuite, un médecin nous parle de cette fameuse intolérance au lactose. Il nous apprend qu'une fois sevré, 75 % des personnes perdent leur capacité à assimiler le lactose. Cette intolérance ne fait qu'augmenter, mais elle n'est pas la seule intolérance due aux produits laitiers : par exemple, dans les yaourts, des épaississants sont ajoutés, de la farine de caroube, etc, des ingrédients pouvant eux aussi provoquer des intolérances. Cette transformation industrielle des produits laitiers peut avoir comme effet de la diarrhée, des ballonnements. Hum, Charal.
La mauvaise dégradation du lactose entraîne des déchets toxiques dans le corps, pouvant par exemple donner des maux de tête. Selon un neurologue, beaucoup de patients qu'il a eus en consultation, qui souffraient de céphalées et à qui il a recommandé d'arrêter de consommer des produits laitiers se portent mieux. Selon un membre de l'institut Max Rubner, ces patients sont des cas isolés qui ne démontent en rien les études scientifiques (en faveur du lait).
Retour à la clinique Paracelsius. Le docteur Rau recommande souvent la suppression des produits laitiers de l'alimentation, car ils sont très allergisants. La béta lacto protéine est le 1er allergisant qui soit, devant le lactose, le gluten ou les fruits à coque. Elle perturbe le système immunitaire.
Selon certaines estimations, 1 % de la population européenne est allergique au lait. Le docteur Rau n'est pas vraiment d'accord : sur une centaine de patients venus le consulter, 60% d'entre eux ont une allergie due aux produits laitiers. Dans le cas de patients atteints de maladies auto-immunes, les chiffres grimpent à plus de 80 %, et enfin pour les personnes atteintes de cancer, dans plus de 95 % des cas il y a allergie due au milk...Selon lui, ces données devraient être aussi valables qu'une étude scientifique. Le lait provoquerait donc des désordres immunologiques, voire la naissance d'allergies secondaires (fraises, pollen, etc...).
Nous avons grandi avec cette idée que le lait est bon, bon pour la santé, bon pour nous construire, grandir. Cela concerne particulièrement les enfants. Encore une fois, un médecin anti-lait dément cette affirmation. Le lait serait, au contraire, mauvais à consommer, passé l'âge de 5 ans, la protéine animale qu'il contient favorisant l'apparition de l'obésité à l'adolescence (confirmé avec un certain malaise par des experts) et le développement des maladies auto-immunes telles que le diabète. Effectivement, les maladies auto-immunes sont celles qui augmentent le plus chez les enfants. Selon un membre de l'institut Max Rubner, le lait en lui-même n’entraîne pas de diabète ou d'obésité chez l'enfant, en revanche les produits laitiers contiennent souvent des sucres ajoutés, c'est donc important de surveiller l'alimentation des enfants.
Les études scientifiques prouvent en grande majorité que le lait, très riche en calcium, augmente et renforce la densité osseuse, ce qui permet de lutter en partie contre l'ostéoporose, bien que le professeur Lecerf souligne que ce ne soit pas toujours suffisant. Selon le docteur Rau de la clinique Paracelsius, c'est exactement le contraire.
Une étude suédoise a fait grand bruit en Allemagne et en France, les deux plus gros consommateurs de lait en Europe. Elle démontre que les personnes buvant beaucoup de lait sont plus sujettes aux fractures et ont une espérance de vie plus faible (surtout chez les femmes). Cela serait dû au galactose, présent dans le lait sous forme de lactose, et qui serait un danger. Cette étude fait la distinction entre le lait lui-même et les produits laitiers fermentés, tels que le fromage ou le lait caillé, qui sont moins dangereux et limitent les risques. Boire du lait augmenterait le risque de fracture chez les personnes âgées, contrairement à ce qu'affirment les producteurs laitiers et les études financées par eux. Les centres de recherche sur la nutrition tels que l'institut Pasteur de Lille maintiennent que le lait est bon pour la santé : en effet, l'étude menée en Suède concernait des personnes buvant de grandes quantités de lait par jour, à savoir 600 ml, ce qui est un excès. Selon lui, 100ml de lait par jour suffisent amplement. Il faut donc trouver un juste-milieu, car la sous-consommation de lait, toujours selon le professeur Lecerf, augmente bel et bien le risque de fractures.
Le lait est donc un aliment complexe, il est difficile d'être catégorique sur ce sujet. Lecerf, comme d'autres pro-lait, nous parle de cas isolés en terme d'intolérances, d'effets négatifs, et donc précise qu'il n'y a nul besoin d'extrapoler, les études scientifiques prouvant, là encore, les bienfaits du lait.
Pour la science, seule une exploitation de plusieurs études est pertinente, pas une étude isolée. Le docteur Rau (Paracelsius) pose cette question : qu'est-ce qui est scientifique, qu'est-ce qui ne l'est pas ? Sa clinique accueille entre 100 et 300 patients par jour, ce qui est beaucoup. Il mène ses propres recherches et tire sa propre expérience du soin d'un grand nombre de gens, pourquoi cela ne vaudrait-il pas comme une étude ? Il souligne les études scientifiques menées par beaucoup d'instituts nutritionnels comme étant mensongères. 
Les médecins recommandant la suppression des produits laitiers ne se fient pas aux études, mais à leur expérience thérapeutique avec les patients. Un neurologue souligne que nombre de patients peuvent se plaindre de maux de tête, dire qu'ils consomment du chocolat, si le chocolat est supprimé de leur alimentation et qu'ils se portent mieux, il ne peut pas le prouver scientifiquement, mais c'est un fait qu'il constate, tiré de son expérience personnelle de médecin. Il demande pourquoi cela ne pourrait-il pas être pris en compte, au même titre que les études scientifiques.
Le documentaire aborde alors la proximité entre les pouvoirs publics, les industries laitières et les instituts nutritionnels dépendant financièrement des industries laitières (telles que Danone ou Lactalis, pour ne citer qu'elles), et donc que les études menées peuvent être biaisées, à considérer avec méfiance voire mensongères. À cela, le professeur Lecerf répond que son institut est auto financé à 80 %, et qu'il ne reçoit que 20% de financement de la part d'un groupe laitier. Qui croire ? Lecerf nie ce conflit d’intérêts entre chercheurs et industriels, affirme qu'il n'y a aucun problème. La réponse faite à cela : Lecerf n'y voit forcement pas de problème puisque l'existence de son institut pourrait dépendre de ces groupes laitiers, son intérêt n'étant pas de mettre en lumière les éventuels problèmes que causerait le lait.
Puis voici qu'intervient un dermatologue, le professeur Melnik, qui précise qu'une étude d'Harvard, pour la première fois, a établi que le lait favorise l'acné. Le lait est un stimulateur de croissance, une sorte de dopant biologique. Surtout lorsqu'il est pasteurisé, il stimule le corps en permanence, et cette croissance excessive entraîne diabète, obésité, acné (acné qui se présente de plus en plus tôt – chez les enfants entre 8 et 9 ans – et qui dure de plus en plus tard. Par exemple, 50% des américaines ont encore de l'acné passé 30 ans), voire cancer. Cette théorie est rejetée en bloc par l'institut Max Rubner : encore une fois, la majorité des études ne montrent aucun rapport entre le lait et les maladies de notre civilisation moderne. Sauf pour un seul cas : celui du cancer de la prostate, qui serait favorisé par la consommation de lait.
Alors, qui croire au beau milieu de ces réponses contradictoires ? Les scientifiques qui ne jurent que par les études, ou les médecins qui se fient à leur expérience thérapeutique ? Pour les scientifiques, les anti-lait sont des agitateurs mus par une idéologie. Pour les anti-lait, les industriels complices de l'État, avec leurs publicités habiles, lavent le cerveau des gens. Malgré les scandales qui ont agité la consommation de lait ces dernières années, celui-ci garde toujours une image positive dans l'esprit collectif. 
Les nutritionnistes recommandent de consommer du lait avec modération, mais régulièrement. Malgré cela, le documentaire conclue sur le fait que le lait provoque plus de désagréments qu'on ne le pense. Chacun se fera son idée.

La mienne, d'idée : dans le documentaire, les instituts nutritionnels ne cessent de nous parler de leurs sacro-saintes études scientifiques sans vraiment argumenter derrière. En revanche, du côté des anti-lait, on nous apporte de vraies explications, des constatations. Ce qui me choque, encore une fois, c'est l'orgueil du savoir, de la science qui se veut seule détentrice de la vérité, en ayant comme seul argument de dire qu'elle sait parce qu'elle est la science ! Derrière cet orgueil ne se cacherait-il pas une connivence avec les pouvoirs publics et les producteurs de lait ? La vérité qui se trouve soit disant dans les chiffres, dans le froid constat des chiffres, ne se trouverait-elle pas en réalité dans ce simple quotidien des médecins, dans l'expérience qu'ils ont avec leurs patients, tous les jours, des avant/après qu'ils constatent sur le bien-être de leurs patients ?  Mon avis va en leur faveur. Quand le professeur Lecerf évoque les anti-lait comme étant des "agitateurs" ayant des "idéologies", cela ressemble fortement au discours de la majorité et/ou de l'élite toute-puissante qui devant ce qu'elles considèrent comme un ennemi pouvant les détrôner, n'ont plus pour se défendre que le mépris à la bouche, faute d'arguments (valable pour le féminisme, ça aussi, hum hum...).
Si les pouvoirs publics et les industries laitières sont de connivence, on peut le constater avec toutes ces publicités dont parle le documentaire, celles qui vantent le lait comme l'ami de toujours. Le lait est présent partout dans notre alimentation, bien plus qu'on ne pourrait le penser de prime abord. Alors, pourquoi mettre particulièrement en avant cet aliment ? Mon avis est le suivant : le lait renvoie à quelque chose de viscéral ; la maternité, l'enfance. Le bâtisseur de vie, le biberon qu'on prenait le matin, le verre de lait qu'on buvait au goûter pour "avoir de bons os". Des souvenirs de tendresse qui restent ancrés dans nos mémoires. Cela, l'État, les instituts nutritionnels et surtout les lobbies laitiers le savent fort bien. Et tout cela pour quoi ? Je vous le donne en mille : pour l'argent, encore et toujours.
Les gens éprouvent un attachement particulier au lait, cet aliment de l'enfance.
Alors, à vous de vous faire votre opinion. Il est important de ne pas suivre aveuglément tout ce que l'on nous assène comme information. Il est important de connaitre et de reconnaître les mécanismes du monde dans lequel nous vivons, et de choisir la manière dont nous voulons y vivre, de faire un choix en pleine conscience des choses. D'être des chercheurs. Pas des chercheurs scientifiques. Non, juste des chercheurs.

Edit : la vidéo de la blogueuse Coline, qu'il me semble important de visionner : https://www.youtube.com/watch?v=MDrYLDS6w1w

*Photo tirée d'un article d'Annabelle Bonnaud.

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