Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline.





Je m'attaque là à un incontournable classique, perçu comme un chef-d'oeuvre de la littérature française du XXème siècle. Cet article risque d'être très long, j'ai énormément de choses à dire sur ce fameux Voyage au bout de la nuit. J'ai terminé le livre avant-hier. Pas facile de voir clair dans cet océan de pages.
Tout d'abord, il me faut préciser en fait d'introduction sur l'écrivain que Céline était un antisémite notoire (son engagement dans la Collaboration se discute encore). Je ne peux pas ne pas vous l'écrire. Mais vous le savez surement déjà, je le savais moi-même déjà avant de lire son roman. C'est important de le préciser, car Voyage au bout de la nuit est paru en 1932, soit 5 ans avant les premiers pamphlets anti-juifs de l'auteur. 
De quoi parle ce livre, et pourquoi a-t-il tant marqué son époque, la nôtre également ? A priori, en le lisant sans trop se poser de questions, on peut penser qu'il s'agit de suivre un homme pendant la guerre de 1914, puis ensuite de le voir lutter avec ce passé peu glorieux et peu joyeux, avec la fameuse "vision" d'après-guerre tristement pantelante de l'humanité. Cela va plus loin que ça, du moins c'est ainsi que j'ai ressenti et analysé les choses en dévorant le bouquin : la Der des Ders est une guerre comme une autre, bien sûr, ses conséquences s'inscrivent directement dans cette vision que le personnage principal (étrangement ressemblant à Céline lui-même, puisqu'il s'appelle Ferdinand et qu'il est médecin, tout comme l'auteur) a du monde dans lequel il vit. Mais cette guerre de 14, elle sert une réflexion qui prend racine plus profondément qu'elle, plus loin. On pourrait la résumer ainsi : la vie est une guerre permanente, même dans son quotidien le plus sordide, même sans grandes guerres, sans fronts, car elle est une course contre l'ennui, contre la mort, contre la vie elle-même. D'ailleurs, on se donne les guerres les uns aux autres pour s'occuper, parce qu'il faut distraire les cerveaux ahuris d'ennui, parce que le fusil est le mouvement du cœur humain. C'est pour ça qu'elles sont là, les guerres. Pour foutre un sens, même insensé, dans le nombril du monde. 
Si je devais faire tenir le tout dans une seule phrase, j'écrirai : la vie, c'est de la merde en boite. Ce qui reflète bien le style d'écriture de l'auteur, patiné au possible d'argot. C'est le langage du pays, le langage du pauvre, le langage de la masse qui bouffe son pain et puis basta dont Céline use. C'est un style ambigu, puisque dans ce pêle-mêle de mots sortis du cul profond de la France jaillissent des descriptions fulgurantes de subtilité et de beauté, savante soupe de mots des rues et de lyrisme. Ce métissage prouve qu'on peut être poète avec n'importe quels mots, du moment qu'on sait les utiliser et leur donner du sens, et que le tout forme une sorte de beauté tout à fait criante et fascinante. 
Ce que j'ai pensé de Voyage au bout de la nuit ? Je dirai que sa lecture m'a à la fois fascinée et exaspérée. Il propose certainement la vision la plus noire qui m'ait été donnée de lire à propos de la vie et de l'humain. Certains jours, je le lisais comme à reculons, fatiguée de la crudité, de la vulgarité, de la sottise des personnages et de leur vision du monde, des êtres. Mais j'étais là, avec mon crayon à papier et le vieux carnet qui me sert de règle (oui oui, je fais partie de ces malades qui soulignent les phrases qui leur parlent, si vous faites ça aussi, on a qu'à créer un hashtag) à souligner sans arrêt, encore et encore, parce que je trouvais des éclairs de génie dans pratiquement chaque page, des pépites nées de simples syllabes qui déchiraient tout des ténèbres et montraient tout, absolument tout de la vie. De telles aubaines ne pouvaient pas rester sans attention. Il fallait que le monde les connaisse. Cette lecture fut riche, indéniablement. J'en retirerai quelque chose, quelque chose de bon et de mauvais.
Six citations choisies au hasard, en ouvrant les pages au gré de plouf-plouf et de mes soulignages, voilà ce que je vous offre :

-"Être riche, c'est une autre forme d'ivresse, c'est oublier. C'est pour ça qu'on devient riches, pour oublier."
-"A-t-on jamais vu personne descendre en enfer pour remplacer un autre? Jamais. On l'y voit l'y faire descendre. C'est tout."
-"Je retournai tout seul en moi-même, bien content d'être encore plus malheureux qu'autrefois parce que j'avais rapporté dans ma solitude une nouvelle façon de détresse, et quelque chose qui ressemblait à du vrai sentiment."
-"La vie vous force à rester beaucoup trop souvent avec les fantômes."
-"Ils allaient comme s'étouffer parmi les écharpes du brouillard renouées lentement derrière eux."
-"C'est peut-être ça qu'on cherche à travers la vie, le plus grand chagrin possible pour devenir soi-même avant de mourir."

Ces phrases géniales surgissent pratiquement à chaque coin de page. Joie, allégresse. Il y en a tellement d'autres que j'aurais aimé vous citer, mais il me faudrait réécrire la moitié du livre de Céline, pour cela.  
Maintenant, il faut que je parle de mon exaspération. Elle vient de nombre d'idées, d'opinions et de concepts qui peuplent le roman, et donc des personnages qui sont les véhicules de ces choses-là, et chose encore plus ennuyante, du personnage principal, ce Ferdinand, ainsi que de Robinson, un "ami", si on peut dire, que Ferdinand va chercher sans cesse à fuir et à revoir, presque malgré lui. Revenons au héros. Ferdinand est un condensé de toute la merde terrestre : lâche, traître, menteur, complaisant jusqu'à la fausseté, mou et paresseux, vicieux et pervers, manipulateur, fouteur de merde à ses heures, il pousse parfois même jusqu'au sadisme. Il est l'incarnation même de l'immoralité, comme pratiquement tous les personnages, d'ailleurs. 
Pourquoi s'acharner à dépeindre ainsi un être fictif, auquel on devrait pouvoir s'attacher, en si mauvaises couleurs? Deux options s'offrent à nous. La première, c'est que dans Voyage au bout de la nuit, chaque être humain qui peuple la terre est exaspérant, chaque être humain est une abomination à sa petite façon sordide jusqu'aux plus odieuses cruautés parfois. Ferdinand le premier. La démonstration est parfaite : si tu critiques l'humain dans son entièreté, tu ne peux pas faire surgir de cette entièreté un gars avec un semblant de morale. Tu dois "montrer l'exemple", appuyer ton propos. Ferdinand est détestable parce que les hommes sont détestables. Serait-ce la réponse à cette épineuse question ? Je veux le croire, croire que c'était le choix de Céline. La deuxième option et la plus probable à mon sens, c'est que malheureusement, Ferdinand a, je l'ai précisé plus haut, des points communs avec Céline, et même sans les connaitre, ces points, on sent sa connexion avec ce personnage si forte, jusqu'à la fusion, qu'on est en droit de se dire ce qui suit : Céline était un putain de connard, un connard intelligent avec des visions sensibles et belles pour certaines, et terribles pour d'autres, qu'il a exprimées à travers son héros, et aussi un peu à travers Robinson.
Non pas que je critique totalement la vision du monde, des hommes et de la vie qu'a Céline dans cette oeuvre. Au contraire, elle est parfois si géniale que je la respecte, bien que je la trouve beaucoup trop implacable. La vie l'est, implacable, mais elle n'est pas que ça. Les seules qualités d'ailleurs que je reconnaisse à Ferdinand sont cette finesse de compréhension (puisque à travers lui, c'est bel et bien Céline qui parle dans ces moments de grande philosophie du style "la vie vous force à rester beaucoup trop souvent avec les fantômes") et le fait d'avoir conscience de la personne qu'il est, de toute son ignominie. Le problème vient du "tout noir ou tout blanc", du radicalisme de couleur qui fait souvent le succès des œuvres. Voyage au bout de la nuit a tranché : c'est du noir, allez, à 98%, je laisse 2% de beauté et de trêve qui sont brièvement accordées. Il n'y a nul espoir de rédemption dans cette oeuvre, l'humain ne peut qu'avancer, certes, mais jusqu'au bout de sa nuit et de sa vie.
J'aimerais revenir sur quelque chose qui m'a particulièrement mise en rogne. Oui, c'est rare qu'un bouquin en arrive là. Ce livre est plein de haine, de mépris envers les hommes, mais aussi envers les femmes, d'une manière tout à fait à part. C'est la fête aux clichés, si vous préférez. Si vous connaissez un peu ce blog, vous savez que je suis féministe, que ce blog a une portée féministe. À la lecture de Voyage au bout de la nuit, il m'est venu l'idée d'arracher les couilles de Ferdinand pour en faire du hachis et les lui servir à bouffer. Quand les femmes ne sont pas des garces, des superficielles, des ambitieuses, des cruelles, des jouisseuses, des comploteuses, des sournoises, des faiseuses de scène, des comédiennes, des capricieuses, des menteuses, des butées, ce sont de naïves créatures, des tentatrices aux chairs obsédantes jusqu'à l'envie de vomir, des choses avec qui il faut être complaisant pour obtenir du sexe, des lots de consolation. "L'instinct féminin de consoler" écrit Céline, comme si les hommes étaient les seuls à savoir toute l'horreur de la vie. On console de ce qu'on ne sait pas, chez Céline. Les femmes sont des ignorantes, elles ignorent tout de la guerre d'abord, et puis des épreuves qui jalonnent le reste de la vie. En gros, elles dorment trop sereinement ou elles fomentent dans la nuit, au choix. 
Il y a une colère immense, palpable, envers les femmes, d'abord envers celles que Ferdinand n'a pas pu posséder, qui l'ont rejeté, l'ont refusé. Il ne trouve rien de mieux à faire que de les insulter, cédant au cliché du bon vieux mal blessé dans son orgueil. Et puis cette façon de psychopathe de voir les femmes comme des chairs, des plis à tripoter, sans cesse, sans répit, l'embauche d'une infirmière sur le seul critère du physique, par exemple (un classique). Je balaie les termes dégueulasses de "cambrure de jouisseuse", "chair à baiser" ou autres (bon, je cite à l'aide de souvenirs, je l'avoue, mais sans déconner vous trouverez ça dans le bouquin). Une vision hyper sexualisée, quoi. Être dans la tête d'un mec comme ça, pour une femme, c'est horrible. 
Peut-être Céline était-il vraiment un beau salaud, pervers et misogyne en plus de ses autres visions brillantes et douteuses ? Une seule femme, dans le livre, trouve considération aux yeux de Ferdinand, il s'agit de Molly, une catin de Detroit. C'est même la seule personne que le héros semble vraiment estimer. Ce qui me laisse à penser que Céline a dû connaitre un grand amour comme celui-là (oui oui, le gars s'est entiché de la jolie catin compréhensive).
Vous sentez ma colère, là ? Mais vous avez vu, j'essaye de rester objective. "Peut-être"...
Il y a des moments particulièrement violents qu'il me tient à cœur d'évoquer : ils concernent une femme en particulier, nommée Madelon, bon, une sacrée connasse, mais quand même. Cette fille est la chérie de son ami Robinson. Ferdinand va d'abord l'embrasser contre son gré, alors qu'il vient juste de la rencontrer ; Madelon fait semblant de faire des "chichis" selon Ferdinand, de protester, puis se donne, évidemment, le classique de la nana qui fait semblant de ne pas vouloir pour mieux se faire sauter ensuite parce qu'au fond, elle en avait envie. Donc Ferdinand va trahir son pote de guerre Robinson en couchant avec la meuf, Robinson fuit Madelon pour d'autres raisons et atterri dans l'asile que Ferdinand dirige par défaut (son patron s'est cassé voir du pays, donc notre héros est un looser, en plus) afin de se cacher de son ex compagne. Cependant, celle-ci revient à la charge et, rodant autour de la maison de "fous" avec des intentions peu orthodoxes, finit par demander un entretien avec Robinson. Mais c'est Ferdinand qui se présente à elle en tant que directeur, et lui fout "deux gifles à étourdir un âne" parce que clairement, il a envie d'humilier la nana et de la rabaisser, parce que cela fait vingt ans qu'il a envie de passer sa colère sur quelqu'un, qu'il n'avait jamais osé "par peur des coups et surtout de la honte qui s'ensuit des coups", mais que "dans le cas où nous étions, un homme, un costaud, m'aurait fait peur, mais d'elle j'avais rien à craindre". 
Ça vient de se produire. Le mec est tellement lâche qu'il estime qu'il peut se soulager et s'en prendre à ce qu'il estime plus faible que lui pour ne rien risquer de sa peau. Couardise ++, sexisme ++ et le tout triplé de maltraitance physique. Waou.
Ferdinand, comble de la classe, lui refait des avances par la suite, et s'étonne de la voir, "obstinée" selon ses termes, ne pas y répondre. Ah oui, c'est vrai que c'est surprenant. Toutes les femmes aiment se faire frapper, quoi de plus normal, et puis elles aiment qu'on leur propose une petite séance de baise ensuite. Bon, il se traite lui-même de cochon, on peut au moins lui accorder ça. 
Ce livre frôle parfois vraiment le glauque. Il se tient sur un fil très fragile, avec ses descriptions dégoûtantes des corps (et pas que celui de la femme, du corps humain en général qui est une fosse à purin). Céline réduit les hommes à leur plus basse condition. Je vous passe également les détails de la sinistre scène d'un couple, dans la résidence de Ferdinand, qui attache sa fille pour la battre et qui en éprouve suffisamment de plaisir pour faire l'amour ensuite (quoi de plus excitant que de torturer son enfant, c'est la source de tous les orgasmes sexuels). Ferdinand, évidemment, ne réagit pas, ni tous ses voisins qui sont au courant puisque le couple sadique s'adonne régulièrement à cette pratique et ouvre bien la fenêtre, ainsi tout le monde peut entendre ce qui se passe chez eux.
Comme si ce n'était pas assez odieux comme ça, Céline a rajouté pour Ferdinand un magnifique séjour en pleine Afrique Coloniale. On a droit à de jolis descriptions de cet "enfer africain" et des "nègres" avec tous les clichés racistes que ça implique. Je n'en dis pas plus, je crois que je vous ai fait assez de mal, là, non ? 
Maintenant, je vais vous dire pourquoi j'hésite à qualifier ce roman de sexiste, misogyne et raciste. Vous vous souvenez de la fameuse ambiguïté dont je vous ai parlé au-dessus ? Dans Voyage jusqu'au bout de la nuit, l'humain est un vaste cliché de l'humain, qu'il soit noir ou blanc, qu'il ait un vagin ou un pénis, il en prend pour son grade : les hommes blancs sont violents et cupides, les noirs stupides et chapardeurs, les femmes manipulatrices, etc... Cependant j'ai noté une virulence toute particulière à l'égard de ces dernières, vous l'avez compris. Peut-être parce que je suis une femme et que je me sens d'autant plus concernée, mais je ne crois pas me tromper, objectivement. Il ne faut pas oublier que ce roman a été écrit dans les années 30, époque où les colonies battaient encore leur plein et ou mes comparses féminines n'avaient pas même le droit de vote. Cela suffit-il à justifier le sexisme, la misogynie et le racisme affligeants du bouquin ? Non, pas à mes yeux, surtout si on part du principe que les génies sont des visionnaires, et que leur sensibilité leur permet de s'extraire de leurs temps. Surtout si on prend en compte l'antisémitisme de Céline qui se développera quelques années plus tard, dévoilant ainsi une facette très peu plaisante de l'individu. Qui était vraiment Céline ? Il semble, malgré tout, se confondre un peu trop avec Ferdinand pour notre bien...
Je voudrais également évoquer Robinson, cet être particulièrement geignard. Il est le personnage le plus important après Ferdinand. Les deux comparses se sont rencontrés pendant la guerre, et ils se sont suivis, presque malgré eux, le reste de leurs vies. Robinson construit chaque voyage de Ferdinand (Afrique, Amérique, retour à Paris, Toulouse) lui donne le sens qu'on peut attendre dans un livre comme Voyage au bout de la nuit. C'est aussi exaspérant, parce que Ferdinand est clairement saoulé par Robinson qui fait comme un écho à ses souvenirs de guerre, mais il ne peut pas s'empêcher d'aller à sa rencontre, parce que c'est ainsi que sont les hommes, à retourner sans cesse dans leur merde car ils n'ont que ça à quoi se raccrocher, car c'est ce qui donne un sens à la vie, d'avoir des merdes, c'est comme ça qu'on s'occupe, à geindre, à se remémorer. Vous l'aurez compris, il n'y a pas d'évolution pour les personnages, ou très peu. La seule évolution possible est d'aller jusqu'au bout de la nuit, de "descendre" toujours plus bas. Ferdinand est vraiment à claquer, lui aussi. Robinson lui attire chaque fois un tas de problèmes, mais il y va quand même, c'est plus fort que lui. À la fin, on ne sait plus très bien, d'ailleurs, qui empreinte les pas de l'autre. Ferdinand, ou Robinson?
En résumé, on a de quoi être mal à l'aise face à cette oeuvre, par ce qu'elle délivre en nous, par l'absence totale d'espoir, de hauteur et de moralité. Comment, d'abord, s'attacher à un personnage principal mentalement lépreux ? Quoi de plus charmant qu'un homme qui laisse se vider de son sang et mourir en toute conscience de cause une femme qui vient de se faire avorter parce qu'il a la flemme de la sauver (et il est médecin, c'est un peu la classe) qui couvre des tentatives de meurtre (oui, j'en ai pas parlé de ça non plus, je vous laisserai découvrir par vous-mêmes si le "voyage" vous tente) qui couche avec la meuf de son meilleur pote avant de la gifler puis de lui proposer un plan à 4 ? (maintenant que je t'ai bien tarté comme il faut, on peut re-forniquer stp ?)
Ce qui est sur, c'est que Voyage au bout de la nuit m'a fait quelque chose. Il m'a fait ce que fait la vie : du bien et du mal. C'est pour ça que je vous recommande de le lire. On a envie de s'agenouiller devant ce livre et en même temps, de le brûler sur un bûcher en criant haro sur la sorcière. 
Ce roman parle de la vie merdique, et de la seule manière de la traverser : avec les autres, les autres tout aussi détestables que nous. On ne reste pas indifférent à ça, ni à ce qui fait froid dans le dos en terme de réflexions sur l'humanité.
J'ai tour à tour bu le bouquin et eu envie de le jeter par la fenêtre. Alors chef d'oeuvre ou pas chef d'oeuvre ? Oui, et non. 

Ciao.

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