Et si on faisait de l'information positive ?
Personnellement, je ne regarde plus les infos, je n'écoute plus la radio (sauf des trucs païens bizarres qui diffusent des musiques tribales et celtiques) parce que chaque fois que je m'approche à pas hésitants de l'actualité, voilà ce qu'elle me sert : terrorisme, guerre, crimes, scandales politiques, agressions, catastrophes naturelles, cas de maltraitance horrible, et quelques annonces d'un super match de foot qui se déroulera le lendemain (vive les millionnaires qui tapent dans la ba-balle).
Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est terriblement anxiogène. Tu essayes d'être bien dans tes pompes, de dealer avec ta propre vie pas évidente, et là, jusque sur ton accueil de mail, tu vois : le chômage est en hausse, les prix augmentent, Mamie Nova s'est suicidée et Voldemort est de retour. De bon matin comme de bon soir, c'est charmant, ça te motive pour la journée et ça ne te détruit pas du tout ta nuit.
Je pense que je ne suis pas la seule à "souffrir" de cette situation. De plus en plus de gens demandent ce qu'on pourrait appeler de l'information positive, c'est-à-dire ne pas forcement parler que de viols de jeunes femmes et de kidnapping de gosses qu'on va retrouver deux mois après dans un fossé en Heurte-et-Moselle. Paradoxalement, ce n'est pas très vendeur auprès des gens : apparemment, les gros titres de type "catastrophe" font beaucoup plus sensation. Il y a là un paradoxe de force : certains réclament du positif, d'autres se repaissent de malheur et se biberonnent au terrorisme, certains font les deux. Il serait temps de se décider.
Il faut dire qu'aux yeux de beaucoup de journalistes et de médias, cette demande d'informations positives n'est pas valable ; en témoigne le discours très étrange de Baldelli, le patron de RTL : "Nous n'allons pas faire le journal des bonnes nouvelles. Nous donnons l'actualité telle qu'elle existe". Je dis que c'est étrange, parce que ça sous-entend que l'actualité est foncièrement négative, en tout points. Et c'est effectivement l'impression qu'on a lorsqu'on branche la télévision et qu'on fait péter le volume de la radio. Il n'y a que sur internet, support plus libre et moins contrôlable, qu'on commence à trouver des choses "positives".
Voudrait-on nous faire croire que les bonnes nouvelles n'existent plus ? Qu'on vit dans un néant sordide ? Peut-être bien. Lorsque les gens sont tristes, maussades, ils se replient sur eux-mêmes. Paradoxe, là encore, la solidarité s'éteint. Il n'existe plus de "bonne conscience collective" d'entraide, de partage, mais un nouvelle conscience collective émerge, basée sur l'individualisme, sur le "chacun pour soi dans ce monde de brutes", sur le "l'univers est une jungle, il faut écraser les autres pour survivre". Ce phénomène est particulièrement notable chez nous, en France. On a l'impression que tout est obscur, alors on se referme davantage sur soi-même parce qu'on a peur du monde qui nous entoure, parce qu'on a peur des autres. On déprime, parce que nous sommes des êtres sensibles, nous sentant perdus dans ce vacarme sanglant. Et quand on déprime, on se sent vide. On éprouve le besoin de se remplir. Vous voyez où je veux en venir ? Société de consommation, hello.
Je ne dis pas que nos médias portent l'entière responsabilité de ce merdier, mais ils sont quand même bien souvent les jouets du gouvernement. Ils ont également leurs propres intérêts, motivés par d'autres facteurs, internes ou externes.
Le journalisme, qui se veut un travail de terrain, d'analyse, une forme d'objectivité qui se rapproche presque de la démarche scientifique, j'ai envie de dire, nous sert aujourd'hui toute la merde du monde sans pratiquement plus rien nous dire de sa lumière. Est-ce bien catholiquement journalistique, tout ça ? Je ne parlerai pas des actualités détournées en faveur du Pouvoir alors que la réalité est autre. Simplement, occulter délibérément des faits positifs pour ne parler que du négatif, ça s'appelle comment ?
On ne demande pas à entendre parler que de licornes roses toute la sacro-sainte journée. On veut la vérité : la mauvaise et la bonne.

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